{"id":811,"date":"2021-10-30T08:04:59","date_gmt":"2021-10-30T04:04:59","guid":{"rendered":"http:\/\/curvica974.re\/?page_id=811"},"modified":"2025-12-13T20:26:59","modified_gmt":"2025-12-13T16:26:59","slug":"configurations-finies","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/curvica974.re\/?page_id=811","title":{"rendered":"Quelques configurations finies"},"content":{"rendered":"\n<p>Avant d&rsquo;aborder \u00e0 l&rsquo;item suivant un exemple de mod\u00e8le hyperbolique fini, pr\u00e9cisons quelques d\u00e9finitions sur l\u2019aspect g\u00e9om\u00e9trique des configurations finies en vu de r\u00e9aliser quelques illustrations dynamiques finies.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette introduction, on entend par <strong>g\u00e9om\u00e9trie<\/strong>, la donn\u00e9e d\u2019un triplet \\((P, D, I)\\)<strong> <\/strong>o\u00f9 \\(P\\)<strong> <\/strong>est l\u2019ensemble des points, \\(D\\)<strong> <\/strong>celui des droites et \\(I\\)<strong> <\/strong>est une partie de \\(P \\times D\\)<strong> <\/strong>qui d\u00e9crit l\u2019incidence : \\(A I d\\)<strong> <\/strong>se lit \u00ab\\(A\\)<strong> <\/strong>est un point de \\(d\\)\u00bb ou \u00ab\\(d\\)<strong> <\/strong>passe par \\(A\\)\u00bb. Dans cette page \\(D\\)<strong> <\/strong>est tout simplement un sous ensemble des parties de \\(P\\)<strong> <\/strong>et l\u2019incidence est alors l\u2019appartenance d\u2019un point \u00e0 une droite.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les configurations planes abstraites<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On appelle configuration plane abstraite (CPA) de param\u00e8tre \\((p_n,d_m)\\) une g\u00e9om\u00e9trie qui v\u00e9rifie les axiomes suivants :<br><strong>CP1. <\/strong>La configuration contient \\(p\\) points et \\(d\\) droites. Par chaque point il passe \\(n\\) droites et chaque droite contient \\(m\\) points. <br><strong>CP2. <\/strong>Deux points distincts sont, au plus, sur une m\u00eame droite.<br><strong>CP3. <\/strong>Des droites se rencontrent en au plus un point.<br><strong>CP4. <\/strong>La g\u00e9om\u00e9trie est connect\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une telle configuration, il est facile de v\u00e9rifier que\\(pn=dm\\)<em> <\/em>. L\u2019axiome 2 signifie surtout qu\u2019il n\u2019existe pas n\u00e9cessairement une droite passant deux points, l\u2019axiome 3 qu\u2019il peut y avoir des droites parall\u00e8les et l\u2019axiome 4 qu\u2019il y a toujours un trajet, par des droites, pour aller d\u2019un point \u00e0 un autre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vocabulaire associ\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quand un mod\u00e8le d\u2019une configuration est r\u00e9alisable avec des segments du plan euclidien usuel pour repr\u00e9senter l\u2019alignement des points, on parle de <strong>configuration plane<\/strong>. L\u2019adjectif <strong>abstrait <\/strong>n\u2019est ajout\u00e9 que dans le cas o\u00f9 l\u2019une des droites de la configuration ne peut en aucun cas \u00eatre une droite.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand, dans une configuration, il y a le m\u00eame nombre de points que de droites \\((p=d)\\), alors il y a le m\u00eame nombre de points par droites et de droites passant par un point \\((m=n)\\), on parle alors de configuration \\(p_n\\).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Exemple du quadrilat\u00e8re complet<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une <strong>configuration <\/strong>(6<sub>2<\/sub>,4<sub>3<\/sub>) : 6 points et 4 droites, 2 droites passent par chaque point, et chaque droite contient 3 points. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"363\" src=\"http:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/QDcomletEtNewton-1024x363.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-817\" style=\"width:629px;height:222px\" srcset=\"https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/QDcomletEtNewton-1024x363.jpg 1024w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/QDcomletEtNewton-300x106.jpg 300w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/QDcomletEtNewton-768x272.jpg 768w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/QDcomletEtNewton.jpg 1190w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>\u00e0 gauche le quadrilat\u00e8re complet 6<sub>2<\/sub>4<sub>3<\/sub> , \u00e0 droite l&rsquo;ajout de la droite de Newton<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Si on construit la <strong>droite de Newton<\/strong> du quadrilat\u00e8re complet, la droite des milieux des diagonales (les trois points sont align\u00e9s dans un contexte affine), on ajoute 4 droites et 3 points : les trois diagonales marrons et les trois milieux verts, align\u00e9s, ce qui donne une droite suppl\u00e9mentaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi sur l&rsquo;illustration de droite, on a  9 points et 8 droites, cela n\u2019est donc pas une configuration car <br>\u2022 d\u2019une part, par certains points il passe 3 droites et par d\u2019autres 2 droites. <br>\u2022 d\u2019autre part, 9 et 8 \u00e9tant premiers entre eux, pour avoir une configuration, il faudrait 8 droites par point et 9 points par droite.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><strong>Les configurations finies affines et projectives<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Les axiomes affines<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Aff1. <\/strong>Par deux points il passe une et une seule droite.<br><strong>Aff2. <\/strong>Par un point n\u2019appartenant pas \u00e0 une droite, il passe une et une seule droite par ce point ne rencontrant pas la droite. <br><strong>Aff3. <\/strong>Il existe trois points qui ne sont pas tous contenus dans une droite.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les axiomes projectifs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>P1. <\/strong>Par deux points il passe une et une seule droite.<br><strong>P2. <\/strong>Deux droites distinctes sont s\u00e9cantes en un unique point.<br><strong>P3. <\/strong>Il existe 4 points tels que trois d\u2019entre eux ne sont jamais incidents \u00e0 une m\u00eame droite.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <strong>le cas affine<\/strong>, si une droite a \\(n\\)<em> <\/em>points, toutes les droites ont \\(n\\)<em> <\/em>points, il y a \\(n^2\\)<strong> <\/strong>points. Par chaque point il passe \\(n+1\\) droites, il y a \\(n^2+n\\)<em> <\/em>droites. Le plan affine d\u2019ordre \\(n\\)<em> <\/em>est une configuration\\(\\left(n^2_{n+1},(n^2+n)_n \\right)\\).<\/p>\n\n\n\n<p>Un <strong>plan projectif <\/strong>d\u2019ordre \\(n\\)<em> <\/em>est une configuration\\(\\left((n^2+n+1)_{n+1} \\right)\\).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le plan de Fano<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le plus petit plan projectif, le plan d\u2019ordre 2, c\u2019est-\u00e0- dire le plan \u00e0 7 droites de 3 points chacune. C\u2019est aussi la seule configuration <strong>7<sub>3<\/sub><\/strong>. Cette configuration est la plus c\u00e9l\u00e8bre, elle est <strong>abstraite <\/strong>car une droite est repr\u00e9sent\u00e9e par un cercle. Il n\u2019existe pas de repr\u00e9sentation du plan de Fano avec seulement des segments, mais on en verra une avec des triangles.<\/p>\n\n\n<p><center><iframe src=\"https:\/\/www.dgpad.net\/responsive.php?url=https:\/\/drive.google.com\/file\/d\/1mGXJ49dHMlZiqFf5U8HfSRwAcnf7KCUG\/view?usp=drive_link\" style=\"width:550px;height:450px;border-style:solid;border-width:1px;box-shadow: 6px 6px 3px #888888;\"><\/iframe><\/center><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><em>Utilisation<strong> <\/strong>: en d\u00e9pla\u00e7ant les deux points \\(A\\) et \\(B\\), la droite \\((AB)\\) est dessin\u00e9e <\/em><br><em>en trait plein (segment ou cercle). Le troisi\u00e8me point de la droite est le point \\(I\\).<\/em><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"590\" height=\"536\" src=\"http:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/PlanAffine2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-818\" style=\"width:163px;height:148px\" srcset=\"https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/PlanAffine2.png 590w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/PlanAffine2-300x273.png 300w\" sizes=\"(max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Techniquement, les points \\(A\\) et \\(B\\) sont aimant\u00e9 par les points du plan projectif : on travaille ainsi de mani\u00e8re dynamique sur une g\u00e9om\u00e9trie finie.<\/p>\n\n\n\n<p>Ci-contre le plan affine d\u2019ordre 2 avec 4 points et 6 droites. Observer qu&rsquo;il est bien affine, en particulier v\u00e9rifie <strong>Aff2<\/strong>, l&rsquo;axiome d&rsquo;Euclide. On montre qu&rsquo;en dehors de ce cas trivial, les plans finis, affines ou projectifs, n\u2019ont pas de mod\u00e8les de type \u00abconfiguration plane\u00bb, elles sont n\u00e9cessairement abstraites comme ci-dessus.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">Les configurations de Pappus et Desargues<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Deux configurations fondamentales<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avant d\u2019aborder le plan affine suivant, \u00e0 9 points et 12 droites, il existe deux \u00abconfigurations planes\u00bb, au sens ci-dessus importantes, interm\u00e9diaires &#8211; en nombre de droites &#8211; ce sont les c\u00e9l\u00e8bres configurations de Pappus et de Desargues.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La configuration de Pappus<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u2019une des trois configurations de type <strong>9<sub>3<\/sub><\/strong> soit 9 droites et 9 points, avec 3 points par droites et trois droites par point. Dans l\u2019approche axiomatique, on sait que la pr\u00e9sence de la configuration de Pappus induit que le corps de nombres construit est commutatif.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant de manipuler cette figure dans sa version de \u00ab g\u00e9om\u00e9trie dynamique finie \u00bb  voici trois illustrations o\u00f9 l\u2019on voit les trois ensembles de trois droites parall\u00e8les.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n\n\n\n<p><strong>La figure dynamique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On remarquera que sur la configuration de gauche, il y a trois  trois cercles implicitement utilis\u00e9s pour la construction. Ce seront les trois droites parall\u00e8les qui manquent pour avoir un plan affine, car la configuration de Pappus n\u2019est pas une configuration d\u2019incidence.<\/p>\n\n\n<p><center><iframe src=\"https:\/\/www.dgpad.net\/responsive.php?url=https:\/\/drive.google.com\/file\/d\/1CQxT2Cus_xbxBCRTdt3ObxdHsub-KEwr\/view?usp=drive_link\" style=\"width:810px;height:450px;border-style:solid;border-width:1px;box-shadow: 6px 6px 3px #888888;\"><\/iframe><\/center><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><em>On d\u00e9place les deux points \\(A\\) et <em><em><em>\\(B\\)<\/em><\/em><\/em> sur la configuration de gauche.<br>Le point <em><em><em><em><em>\\(A\\)<\/em><\/em><\/em><\/em><\/em><\/em> <em>ne peut se d\u00e9placer que sur les 3 points les plus proche du centre de la figure<br>et <em>\\(B\\)<\/em> sur les 6 autres , les plus \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, ce qui limite (avec <em><em><em><em>\\(M\\)<\/em><\/em><\/em><\/em>) l\u2019exploration \u00e0 36 cas sur les 108 possibles. <\/em><br><em>Le point <em>\\(M\\)<\/em><\/em> <em>peut toujours prendre deux positions une sur chacune des deux droites possibles pour la droite <em>\\((MN)\\)<\/em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La configuration de Desargues<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u2019une des dix configurations de type 10<sub>3<\/sub>. Donc dix points dix droites, trois droites par point, trois points par droite. Sa sym\u00e9trie signifie que tout point de la configuration peut \u00eatre tout point des hypoth\u00e8ses, y compris le point I qui pourrait para\u00eetre sp\u00e9cifique.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une configuration fondamentale car sans elle il n\u2019y pas de coordonn\u00e9es coh\u00e9rentes possibles. Cette configuration est une cons\u00e9quence de l\u2019existence de l\u2019espace et des plans dans l\u2019espace. Donc la question de son existence n\u2019est pos\u00e9e que dans le cas du plan. Le menu <strong>Non Arg<\/strong> propose d&rsquo;explorer deux mod\u00e8les euclidiens de g\u00e9om\u00e9trie plane <strong>non argu\u00e9sienne<\/strong>, un mod\u00e8le de Hilbert et  le plan de Moulton.<\/p>\n\n\n<p><center><iframe src=\"https:\/\/www.dgpad.net\/responsive.php?url=https:\/\/drive.google.com\/file\/d\/1zR1e5nWpqC5vlTQXJhTRXNGtWZqGN4gy\/view?usp=drive_link\" style=\"width:550px;height:640px;border-style:solid;border-width:1px;box-shadow: 6px 6px 3px #888888;\"><\/iframe><\/center><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><em>D\u00e9placer le point <em>\\(I\\)<\/em><\/em> <em>sur l\u2019un des 10 points possibles de la configuration<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">Le plan affine d\u2019ordre 3 (9 points et 12 droites)<\/h2>\n\n\n\n<p>Si une des motivations de cette page est de pr\u00e9parer la pr\u00e9sentation d\u2019un plan hyperbolique fini (menu suivant), une autre raison est le th\u00e8me de cette section : le plan affine d\u2019ordre 3. En effet, on observera en g\u00e9om\u00e9trie hyperbolique que les m\u00e9dianes sont toujours concourantes, ce sera trivialement vrai dans le cas elliptique, et on sait que c\u2019est vrai dans le cas euclidien. Et pourtant, dans l\u2019axiomatique de Bachmann, pourtant si riche et si puissante, il n\u2019est pas possible de d\u00e9montrer ce r\u00e9sultat dans le cas g\u00e9n\u00e9ral, avant la s\u00e9paration des g\u00e9om\u00e9tries. La raison en est tr\u00e8s simple : L\u2019axiomatique de Bachmann contient aussi, en puissance, les cas finis euclidiens. Or il y a un cas, un seul, o\u00f9 ce r\u00e9sultat n\u2019est pas vrai : sur un corps de caract\u00e9ristique 3 et donc, pour le cas le plus simple, dans ce plan \u00e0 9 points, car <strong>c\u2019est la g\u00e9om\u00e9trie affine standard <\/strong>sur le corps \\(\\displaystyle \\frac{\\mathbb{Z}}{3\\mathbb{Z}}\\). Avant de construite les m\u00e9dianes d\u2019un triangle, d\u00e9j\u00e0 observons comment passer de la configuration de Pappus \u00e0 ce plan affine.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"464\" src=\"http:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/DroitesAffines1-1024x464.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-834\" style=\"width:584px;height:264px\" srcset=\"https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/DroitesAffines1-1024x464.png 1024w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/DroitesAffines1-300x136.png 300w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/DroitesAffines1-768x348.png 768w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/DroitesAffines1.png 1473w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Nous avions 9 points et 9 droites, il manque trois droites, parall\u00e8les, ce sont celles qui passent respectivement par \\(R, S, T\\), puis \\(R_1, S_1, T_1\\), et \\(R_2, S_2, T_2\\), repr\u00e9sent\u00e9es par trois cercles \u00e0 gauche, un segment et deux arcs de cercles \u00e0 droite. <br>La configuration de droite est celle qui contient le plus grand nombre possible de segments. Celle de gauche est la suivante. Mais ce ne sont pas, non plus, les mod\u00e8les les plus simples.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme nous ne sommes pas en caract\u00e9ristique 2, la structure \u00e9tant affine, les milieux existent. Ainsi, <strong>sur une droite, tout point est milieu des deux autres<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les m\u00e9dianes d\u2019un triangle<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ces configurations finies posent la question des repr\u00e9sentations d\u2019une notion aussi simple que celle de segments. Ainsi, le milieu d\u2019un segment \\([AB]\\), dans une structure affine, par barycentre, doit \u00eatre entre les deux points. Mais dans le cas fini, il n\u2019y a pas d\u2019ordre, comment le repr\u00e9senter ? Quelle collusion entre la repr\u00e9sentation dans le mod\u00e8le euclidien et la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019objet math\u00e9matique ? En fait une bonne repr\u00e9sentation serait celle sur un tore, mais on ne serait plus dans une configuration plane.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"468\" src=\"http:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/MedianesAffines1-1024x468.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-835\" style=\"width:569px;height:259px\" srcset=\"https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/MedianesAffines1-1024x468.png 1024w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/MedianesAffines1-300x137.png 300w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/MedianesAffines1-768x351.png 768w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/MedianesAffines1.png 1449w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Voici quelques exemples de triangles \\(ABC\\) et de leurs m\u00e9dianes \\((CI), (AJ)\\) et \\((BK)\\). Dans l\u2019illustration ci-contre, on a trac\u00e9 les droites du triangle. Seul \\(J\\) est, dans le mod\u00e8le, entre \\(B\\)  et \\(C\\)  (\u00e0 gauche, mais pas \u00e0 droite). <br>Les trois m\u00e9dianes, comme droites, sont alors les trois cercles ajout\u00e9s \u00e0 la configuration de Pappus pour faire un plan affine. Ce sont trois droites parall\u00e8les : dans ce triangle, les m\u00e9dianes sont parall\u00e8les.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"489\" src=\"http:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/MedianesAffines2-1024x489.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-836\" style=\"width:564px;height:270px\" srcset=\"https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/MedianesAffines2-1024x489.png 1024w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/MedianesAffines2-300x143.png 300w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/MedianesAffines2-768x367.png 768w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/MedianesAffines2.png 1490w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Dans cette autre illustration, on a trac\u00e9 les trois segments \\([AB]\\), \\([BC]\\) et surtout \\([CA]\\), qui est un arc de cercle dans la configuration de gauche et la droite toute enti\u00e8re dans celle de droite. <\/p>\n\n\n\n<p>Pour les m\u00e9dianes, on a aussi choisi de tracer les segments . Ils sont encore sur des droites parall\u00e8les. On peut d\u00e9j\u00e0 envisager de conjecturer que, pour ce plan, les m\u00e9dianes sont toujours parall\u00e8les.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"488\" src=\"http:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/MedianesAffines3-1024x488.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-837\" style=\"width:549px;height:262px\" srcset=\"https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/MedianesAffines3-1024x488.png 1024w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/MedianesAffines3-300x143.png 300w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/MedianesAffines3-768x366.png 768w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/MedianesAffines3.png 1409w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Pour ce troisi\u00e8me exemple, dans le mod\u00e8le de gauche, on a trac\u00e9 les trois segments \\([AB]\\) (arc de cercle), \\([BC]\\) et \\([CA]\\), ces deux derniers \u00e9tant les droites toutes enti\u00e8res. Les m\u00e9dianes sont deux droites et un segment. Elles forment un troisi\u00e8me faisceau de droites parall\u00e8les. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Le mod\u00e8le de droite ne respecte les m\u00eames rapports aux droites et segments. Nous avons abord\u00e9 bri\u00e8vement cette question car elle sera \u00e0 nouveau soulev\u00e9e avec le cas elliptique, diff\u00e9remment, mais pour des raisons identiques : la g\u00e9om\u00e9trie elliptique est elle aussi non orientable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Preuve du parall\u00e9lisme des m\u00e9dianes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale on se pose la question dans une structure affine, consid\u00e9r\u00e9e d\u2019un point de vue alg\u00e9brique comme issue d\u2019une structure vectorielle. On cherche \u00e0 savoir quand les vecteurs \\(\\overrightarrow{AI}\\)<em> <\/em>et \\(\\overrightarrow{BJ}\\)<em> <\/em>sont colin\u00e9aires ce qui revient \u00e0 comparer les vecteurs \\(\\overrightarrow{AB}+\\overrightarrow{AC}\\)<em> <\/em>et \\(\\overrightarrow{BA}+\\overrightarrow{BC}\\). Or, par Chasles, on peut \u00e9crire \\(\\overrightarrow{BA}+\\overrightarrow{BC}=-2\\overrightarrow{AB}+\\overrightarrow{AC}\\).<\/p>\n\n\n\n<p>Et donc ce vecteur n\u2019est colin\u00e9aire avec \\(\\overrightarrow{AB}+\\overrightarrow{AC}\\)<em> <\/em>que si \\(-2\\overrightarrow{AB}=\\overrightarrow{AB}\\), soit que si \\(-2=1\\) et donc que si on est en caract\u00e9ristique 3. Et r\u00e9ciproquement dans ce cas c\u2019est toujours vrai, les m\u00e9dianes sont toujours parall\u00e8les.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019axiomatique de Bachmann, on montre que les m\u00e9dianes sont toujours en faisceau, ce qui signifie, pour le cas euclidien, qu\u2019elle peuvent \u00eatre parall\u00e8les ou concourantes. C\u2019est ce point qu\u2019il n\u2019est pas possible de trancher dans le cas g\u00e9n\u00e9ral : cette section est consacr\u00e9e \u00e0 ce cas particulier qui ne permet pas de conclure \u00e0 un r\u00e9sultat plus g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La structure euclidienne<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un plan affine sur un corps est naturellement muni d\u2019une structure euclidienne. C\u2019est donc le cas de cette configuration. C\u2019est m\u00eame la plus petite qui est possible par l\u2019axiomatique de Bachmann, car, dans ses 5 axiomes, le 5\u00b0 est un axiome de non d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence, qui demande \u00e0 ce que la structure ait au moins un triangle rectangle. Or dans ce plan \u00e0 9 points non seulement il existe un triangle rectangle, mais tous les triangles de ce plan sont rectangles : la structure n\u2019est pas assez riche pour qu\u2019il y ait autre chose.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour voir cela, commen\u00e7ons dans un premier temps, par un autre mod\u00e8le de cette configuration. Elle est plus classique que les pr\u00e9c\u00e9dentes, en particulier, elle est \u00ab conforme \u00bb c\u2019est-\u00e0-dire que les angles que l\u2019on voit dans le mod\u00e8le euclidien sont les angles de la g\u00e9om\u00e9trie.  Les points sont les 9 points d\u2019une grille 3&#215;3. Les droites sont les lignes horizontales, verticales, les deux diagonales principale et les quatre diagonales secondaires : dans l&rsquo;illustration de gauche ci-dessous, on a repr\u00e9sent\u00e9 la droite \\((AB)\\), avec son point \\(I\\), milieu de \\(A\\) et \\(B\\).<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"342\" src=\"http:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Bachmann3illustr-1024x342.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-845\" style=\"width:747px;height:249px\" srcset=\"https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Bachmann3illustr-1024x342.jpg 1024w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Bachmann3illustr-300x100.jpg 300w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Bachmann3illustr-768x257.jpg 768w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Bachmann3illustr.jpg 1382w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><em>\u00e0 gauche, \\(I\\) milieu de \\([AB]\\), au centre le triangle \\(ABC\\) rectangle en \\(A\\), <br>\u00e0 droite le carr\u00e9 et le cercle \\(ABCD\\) tous les deux de centre \\(I\\).<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce mod\u00e8le, il est plus clair de voir qu\u2019en chaque point, on peut regrouper les deux paires de droites en paires de droites orthogonales (par exemple en d\u00e9composant la sym\u00e9trie centrale en un point en deux sym\u00e9tries orthogonales d\u2019axes orthogonaux).<\/p>\n\n\n\n<p>Sur l&rsquo;illustration centrale, le triangle <strong>ABC est un triangle rectangle en A<\/strong>, car \\((AB)\\) et \\((AC)\\) sont orthogonales. Tous les triangles de cette g\u00e9om\u00e9trie sont de cette forme. De m\u00eame un cercle est constitu\u00e9 de 4 points, et ces 4 points forment un carr\u00e9. C\u2019est le cas, dans l&rsquo;illustration de droite, du cercle de centre \\(I\\) passant par \\(A\\), <strong>ABCD est \u00e0 la fois les 4 points de ce cercle, et aussi un carr\u00e9 de centre I<\/strong>. <br>Le centre du cercle circonscrit au triangle \\(ABC\\) (au centre) est le milieu de l\u2019hypot\u00e9nuse \\([BC]\\) donc le troisi\u00e8me point de la droite \\((BC)\\), en bleu.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"392\" height=\"366\" src=\"http:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/BachmannSYMet-H.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-846\" style=\"width:272px;height:254px\" srcset=\"https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/BachmannSYMet-H.png 392w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/BachmannSYMet-H-300x280.png 300w\" sizes=\"(max-width: 392px) 100vw, 392px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p><strong>Caract\u00e9ristique 3 : quand la sym\u00e9trie centrale est aussi l&rsquo;homoth\u00e9tie de rapport 2<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette illustration, le triangle \\(MNP\\) est \u00e0 la fois l&rsquo;homoth\u00e9tique de \\(ABC\\) dans l&rsquo;homoth\u00e9tie de centre \\(I\\) et de rapport 2. Mais c&rsquo;est aussi le sym\u00e9trique de \\(ABC\\) dans la sym\u00e9trie centrale de centre \\(I\\) : c&rsquo;est une autre illustration de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 \\(2=-1\\).<\/p>\n\n\n\n<p>Les droites parall\u00e8les ont des perpendiculaires communes. Dans les illustrations de<strong> la section pr\u00e9c\u00e9dente<\/strong>, on en d\u00e9duit que les perpendiculaires communes aux droites repr\u00e9sent\u00e9es par les trois cercles sont les droites, comme \\((BK)\\), passant par le centre de la figure. De m\u00eame les autres paires de perpendiculaires sont les droites comme \\((BC)\\) et (\\((IJ)\\) qui forment deux triplets de droites parall\u00e8les orthogonales deux \u00e0 deux : les parall\u00e8les \u00e0 \\((BC)\\) sont perpendiculaires aux parall\u00e8les \u00e0 \\((IJ)\\).<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"622\" height=\"650\" src=\"http:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/CercleSurConfig.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-850\" style=\"width:285px;height:298px\" srcset=\"https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/CercleSurConfig.png 622w, https:\/\/curvica974.re\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/CercleSurConfig-287x300.png 287w\" sizes=\"(max-width: 622px) 100vw, 622px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Dans ce mod\u00e8le, ci-contre <strong>le carr\u00e9 ABCD de centre I<\/strong>, milieu des diagonales \\([AC]\\) et \\([BD]\\). On voit bien que les droites \\((BC)\\) et \\((DA)\\) &#8211; repr\u00e9sent\u00e9e  par l\u2019arc de cercle pour une meilleure lisibilit\u00e9 &#8211; sont perpendiculaires en \\(B\\). (BC) est bien entendu perpendiculaire aussi \u00e0 \\((CD)\\), parall\u00e8le \u00e0 \\((AB)\\). De m\u00eame, on sait que \\((AI)\\) est parall\u00e8le \u00e0 \\((PQ)\\) et on a dit que \\((PQ)\\) et \\((DI)\\) sont perpendiculaires en \\(B\\). Donc les diagonales \\((BD)\\) et \\((AC)\\) sont aussi orthogonales en \\(I\\).<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, <strong>le quadrilat\u00e8re des milieux PQRS est aussi un carr\u00e9 de centre I <\/strong>car \\(I\\) est milieu de \\([RP]\\) et de \\([QS]\\), repr\u00e9sent\u00e9 par un arc de cercle, non dessin\u00e9 ci-contre. Ces deux diagonales sont \u00e0 nouveau, orthogonales en \\(I\\). On a donc une illustration, un peu originale, du th\u00e9or\u00e8me de Varignon sur deux carr\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Variantes de la repr\u00e9sentation <\/strong>: on notera que, parfois, pour les droites repr\u00e9sent\u00e9es par des cercles, au pr\u00e9texte de la lisibilit\u00e9, on fait le choix de les repr\u00e9senter par des arcs de cercle d\u00e9finis par les trois points de la droite.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est assez naturel, il s\u2019agit juste d\u2019un choix coh\u00e9rent de repr\u00e9sentation. Par extension, pour une plus grande clart\u00e9 visuelle , plus que par attachement \u00e0 la notion orient\u00e9e des segments (milieu \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur), parfois on \u00e9tend ce choix aux segments comme ci-dessus.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux mod\u00e8les vus pour Pappus seront \u00e9tendus, d&rsquo;un point de vue dynamique, au cas euclidien, dans le prochain item de ce menu avec l&rsquo;un des triples de Steiner.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avant d&rsquo;aborder \u00e0 l&rsquo;item suivant un exemple de mod\u00e8le hyperbolique fini, pr\u00e9cisons quelques d\u00e9finitions sur l\u2019aspect g\u00e9om\u00e9trique des configurations finies en vu de r\u00e9aliser quelques illustrations dynamiques finies. 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